1318 - 1319 Fondation du bourg médiéval    
Sous l'impulsion de Louis II et Amédée V de Savoie

Malgré la présence d'une station lacustre importante, le bourg de Rolle ne s'est pas développé au cours des temps depuis des époques immémoriales. Il a pratiquement été créé  de toutes pièces vers 1318  par Louis Il de Savoie, baron de Vaud, probablement pour renforcer la défense du château, qui existait déjà depuis une quarantaine d'années au moins.
En effet, Louis II, qui venait d'être créé baron de Vaud, s'efforça d'affermir son pouvoir sur les terres récemment rassemblées par son oncle Pierre, dit le Petit Charlemagne.
Pour atteindre ce but, Louis II s'appuya surtout sur la population des bourgs qui cherchait alors à s'affranchir le plus possible des seigneurs locaux. Ainsi le baron de Vaud s'attacha-t-il les bourgeois de Moudon et de la Tour de Peilz en confirmant des franchises plus anciennes, de même il s'assura la fidélité de ceux de Nyon en leur accordant une charte de libertés, après avoir arraché cette ville au seigneur de Prangins.


Cette politique lui valut bien sûr l'animosité des seigneurs de la région, tels l'évêque de Lausanne, les sires de Cossonay  et d'Aubonne, qui se liguèrent à plusieurs reprises contre lui. Louis II avait donc tout intérêt à s'appuyer sur des points stratégiques fortifiés, mais qui devaient être accompagnés par une agglomération urbaine, constituant, près du château, la réserve humaine indispensable à toute entreprise militaire.

Ainsi, à l'exemple des membres de sa famille,/ qui ont fondé Villeneuve 1214), Yverdon (1260) et Morges (1295), Louis II créa le bourg de Rolle.
Cet événement nous est connu, non par la charte de fondation perdue, - probablement du même type que les franchises de Moudon ou de Villeneuve - mais par un acte notarié réglant un différend entre le fondateur et le seigneur de Mont-le-Grand, qui prétendait avoir un droit de juridiction sur le territoire de la ville nouvellement constituée. Cet acte de 1330, qualifie Rolle de "ville neuve, libre et franche".

Rolle a donc été créée à l'abri d'un château plus ancien, cité pour la première fois en 1291.
La forteresse pouvait servir de refuge à toute la population du voisinage; elle commandait la voie de communication des rives du lac. Mais la relation qui existait entre le château et la petite ville n'est plus visible aujourd'hui: on peut envisager qu'à Rolle, le château seul ait été fortifié, la ville elle-même étant entourée de protections sommaires, telles un simple fossé et une palissade. On ne  trouve en effet jamais la mention de murailles ou de portes de ville qui attesteraient des fortifications plus durables.

Cependant un fossé  est mentionné encore au XVII e siècle: il suivait le tracé de l'actuelle rue des Petites Buttes.

 

Amédée V de Savoie

Maison de Savoie


XV-XVIème siècle-1794

La période bernoise
Une nouvelle conquête du Pays de Vaud
En octobre 1475, les Confédérés déclarèrent la guerre à Jacques de Savoie, massacrèrent les garnisons des Clées et de La Sarraz qui avaient résisté, et occupèrent les autres bourgs vaudois qui capitulèrent avant d'avoir été attaqués. Au début de 1475, Jacques de Savoie réussit à reprendre le Pays de Vaud aux occupants.


Mais les défaites décisives de Charles le Téméraire à Grandson (février 1476) et Morat (juin 1476) entraînèrent une nouvelle conquête du Pays de Vaud. Le pays tout entier fut dévasté et les vainqueurs le rançonnèrent lourdement. La duchesse de Savoie s'était rapprochée du Téméraire, décision lourde de conséquences. Les Bernois toutefois ne purent obtenir ce qu'ils demandaient, - l'entier du Pays de Vaud, le Chablais et Genève -, leurs Confédérés ne désirant pas voir grandir la puissance bernoise et Louis XI protégeant les intérêts de son neveu le duc de Savoie. La duchesse Yolande récupéra contre une forte rançon le Pays de Vaud. Berne conserva une partie de ses conquêtes, les mandements d'Aigle, d'Ollon, de Bex et des Ormonts. Avec Fribourg, elle garda Orbe, Echallens, Montagny-sur-Yverdon, Grandson et Morat qui devinrent des bailliages communs des deux cantons suisses.


Ainsi donc, les guerres de Bourgogne, qui marquèrent pour les Cantons suisses l'apogée de leur gloire militaire et le début d'une politique européenne, furent pour les ducs de Savoie un coup fatal porté à leurs possessions au nord du Léman et pour les habitants du Pays de Vaud synonymes de désolation et de ruines. Bien plus, elles furent pour les Bernois et les Fribourgeois l'occasion de s'implanter au coeur du pays.

 

Fuite de Charles le Téméraire à Morat en 1476

( Tableau de Eugène Burnand 1895)


La révolution vaudoise

Les banquets de Rolle (14 juillet 1790 et 15 juillet 1791)

Henri Monod, de Morges, ami d'Amédée de la Harpe, écrit :

"Le premier Tir suspect eut lieu à Rolle en 1790 ; toutes sortes de gens y avaient été invités, parmi eux plusieurs partisans secrets ou avoués de Berne. Ce qui surprit c'est que ce furent les plus hostiles à la Révolution française qui mirent en train les farces les plus ridicules.

Malgré des arguments dissuasifs d'Henri Monod, de la Harpe décide de célébrer la prise de la Bastille lors du concours de tir à l'arc de Rolle, le 14 juillet 1790.

Le Tir a lieu le matin sur l'emplacement de l'actuelle rue des Petites-Buttes. Après la rencontre, on se dirige en cortège jusqu'à la Place des Tilleuls pour la proclamation des résultats et le banquet.

 

Après ces incidents, le Conseil secret de Berne n'est pas directement intervenu. Au deuxième Banquet de Rolle, le 15 juillet de l'année suivante, il en fut autrement.

Après le traditionnel concours de tir à l'arc, les tireurs et les spectateurs se rendent à la place des Tilleuls pour la proclamation des résultats, puis participent au banquet organisé par M. Amédée de la Harpe, cousin de Frédéric-César de la Harpe.

M. Charles Victor de Bonstetten, bailli de Nyon, venu avec sa femme, homme très populaire dans toute la contrée, est reçu avec la plus grande cordialité ; il a assisté aux tirs du matin avant d'être placé à table à côté du roi du tir.

Tout se passe fort bien et dans un clame relatif. Des toasts patriotiques sont portés, la Coupe de la Fraternité, qui la veille avait figuré au Banquet des Jordils, circule sous les tilleuls. le chapeau e de Guillaume Tell, aussi rapporté d'Ouchy, est arboré au bout d'une pique.

Le vin commence à échauffer les esprits, on ne boit plus à la santé de la Patrie et du gouvernement bernois, mais à la Nation française, à l'Assemblée nationale, aux défenseurs des droits du peuple.

Le bailli de Nyon, comprenant que sa place n'était plus au milieu de la rébellion, se lève et quitte la table.

L'excitation est alors à son comble, on perd toute retenue. On entonne le fameux Ça ira, les aristocrates à la lanterne et les refrains Temps glorieux, vivre libre ou mourir ; le jeune Durand répète son discours de la veille et harangue les enfants, auxquels il annonce qu'un jour ils seront des hommes libres et des soldats de la liberté ; l'avocat Marc-Antoine Mieville lève son verre à la Grande Nation.

Le délire gagne l'assemblée et le peuple qui l'entoure. Le baron Karl Rudolph Kilchberger, seigneur de Rolle et de Mont et les adhérents de LLEE se retirent, indignés.

 

La révolution vaudoise est en marche.

 

 

Banquet sur la place des Tilleuls à Rolle

 

Ecusson du canton de Vaud

 

 

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